Le masque de protection à travers l’Histoire

S’il est bien un objet qui symbolise de nos jours la pandémie de coronavirus qui affecte la planète entière, c’est bien le masque. Un petit carré de plastique ou de tissu devenu indispensable pour se protéger de la propagation du Covid-19. Cet accessoire qui fait office de barrières aux microbes et autres substances nocives ne date pas d’hier. C’est grâce à l’observation des premiers « scientifiques » et médecins du passé que le masque a été créé, il faut le dire, pour nous protéger. Voici la petite histoire du masque.

Le masque dans les Arts du spectacle

Depuis l’Antiquité, le masque a toujours tenu une place importante dans l’évolution de notre civilisation. À ses origines, il avait une fonction funéraire. Dans les nécropoles d’Égypte et dans les tombeaux de Mycènes, le masque se résume à une simple feuille d’or déposée sur le visage des morts pour mouler ses traits. Grâce à cette astuce, il était possible de conserver ses traits intacts.

Plus tard, le masque va ensuite être conçu en matériaux légers et apparaître au théâtre. Le masque est alors fabriqué en écorce, puis en cuir, et finalement en toile épaisse enduite de cire. Enfin, Venise invente le masque de velours ou de satin noir. À la Renaissance, il est ainsi devenu à la mode dans toute L’Europe, surtout grâce à la comédie italienne (Comedia dell’arte).

Aujourd’hui, nos masques de carnaval en sont le lointain souvenir. Masques de parade, de théâtre, de danse ou d’Halloween, qui n’a jamais porté un masque ?

Mais le masque va aussi se voir attribuer au cours de l’Histoire une fonction bien différente, celle de protection.

Nécropole

Lieu spacieux où étaient enterrés les morts dans de larges sépultures.

Mycènes

Cité antique localisée en Grèce, datant de 1 500 av. J.-C.

Le masque comme objet de protection

Les premiers masques de protection apparaissent sous l’Empire romain, il y a plus de 2 000 ans. Savais-tu qu’ils étaient fabriqués à partir de vessie animale ? Ils sont aussi utilisés au fond des mines pour se protéger des vapeurs toxiques. Le même dispositif est aussi employé dans les ateliers où l’on réduit et affine le minium. Un minéral très toxique qu’ils emploient pour faire de la peinture antirouille.

Minium

Minéral rare à base d’oxyde de plomb utilisé dans les premières peintures artificielles durant l’Empire romain.

Au XVIe siècle, Léonard de Vinci adapte le masque et propose l’utilisation d’un tissu imbibé d’eau à placer sur la bouche des navigateurs pour les protéger d’éventuelles attaques chimiques lors des batailles navales.

Épidémie

La propagation rapide d’une maladie dans une région

La peste

Maladie infectieuse causée par une bactérie portée par le rat. Elle a fait de nombreux morts en Europe au Moyen Âge.

Entre le XIVe et le XVIIIe siècle, la période est marquée par plusieurs épidémies de peste qui secouent l’Europe. Pour les médecins de l’époque, la contagion se propage par la bouche et le nez. Charles de Lorme, premier médecin de Louis XIII, imagine alors en 1619 un masque en carton bouilli doté d’un bec à deux trous permettant la respiration. Et pour en parfaire son efficacité, il peut contenir une grande variété de produits aux propriétés désinfectantes, tels que des fleurs séchées, des herbes aromatiques, des épices ou du camphre.

Le XVIIIe siècle est ce qu’on appelle la Révolution industrielle. À cette époque, de nombreuses usines et entreprises voient le jour. C’est grâce à l’italien Bernardino Ramazzini, le précurseur de la médecine du travail et véritable fondateur de l’hygiène professionnelle, qu’on s’intéresse de plus en plus à tous les corps de métier exposés à des substances dangereuses.Parmi les différents dispositifs mis en œuvre, on recommande à ceux travaillant dans des marais insalubres d’utiliser une étoffe ou une gaze sur le visage.

L’application sur le nez et la bouche d’une éponge humide ou d’un tissu fin et serré en forme de cône creux est aussi conseillée aux broyeurs de couleurs, aux plâtriers, aux plumassiers, aux cardeurs de laine ou aux chapeliers. Il suffit d’ajouter à l’eau du vinaigre, ou d’autres produits comme l’eau de chaux pour protéger les fabricants de colle forte, les vidangeurs, les fossoyeurs, et même le personnel des hôpitaux.

À la fin du XIXe siècle, le médecin allemand Carl Flügge, soupçonnant la propagation de la maladie entre médecins et patients à travers la salive, plaide auprès de ses confrères pour le port du masque lors des opérations chirurgicales. Il semble que ce soit le chirurgien Paul Berger qui, lors d’une intervention à l’hôpital Tenon à Paris en octobre 1897, enfile le premier un tel masque. Un accessoire devenu aujourd’hui obligatoire dans les salles d’opération.

Hygiène

L’ensemble des bons gestes de propreté pour favoriser la santé.

Insalubre

Qui nuit à la santé.

Gaze

Tissu très léger et transparent, fait de soie, de coton, de lin.

Eau de chaux

Produit chimique employé en industrie pour traiter les eaux acides.

Les masques à gaz de la Grande Guerre 14-18

Durant la Première Guerre mondiale, une arme nouvelle est introduite dans le conflit : les gaz de combat. Ils regroupaient une vaste gamme de composés toxiques allant du gaz lacrymogène irritant, mais relativement bénin aux mortels gaz asphyxiants. L’objectif : tuer de façon massive. C’est le 22 avril 1915 que les premières nappes gazeuses envoyées par les Allemands submergent les troupes britanniques sur un front de 10 kilomètres et atteignent les forces belges et canadiennes positionnées à Ypres. Cette guerre chimique est un composant majeur de la Première Guerre mondiale. On estime qu’environ 4 % des morts ont été causées par les gaz.

Boîte de masque anti-gaz M2, peinture française, armée belge, 1916 avec masque à gaz

Masque antigaz A.R.S. modèle 1917, armée belge

Apparus dès fin avril 1915, une semaine après la première attaque allemande au gaz, des masques de protection font leur apparition sous forme de compresses de gaze imbibées d’un produit chimique pour contrer les gaz toxiques. Faciles à fabriquer, ils sont cependant peu efficaces. Ils sont très vite remplacés par des masques-cagoules, et enfin, en 1918 par des masques A.R.S. munis d’un filtre carbone (Appareils Respiratoires Spéciaux). En 1940, toutes les armées et les populations d’Europe en sont abondamment équipées.

Amiante blanc de l’appareil respiratoire de protection L.A.S.A. Atem Schutz Apparat (AMIENTE), Allemagne, circa 1910

Set de masque antigaz, mod. Sch MS, Bundeswehr, armée allemande, circa 1980, inv nr200800624

Les masques chirurgicaux

Un masque chirurgical (aussi nommé antiprojections, ou d’hygiène ou à trois plis) est un masque respiratoire jetable après utilisation. Il est conçu pour limiter la propagation des germes (bactéries, virus) depuis la bouche, le nez et les voies respiratoires de la personne qui le porte.

Le masque retient les gouttelettes respiratoires comme les postillons dans un écran filtrant non tissé et comportant une couche imperméable. Grâce au port de ces masques chirurgicaux, les risques de contamination microbienne vers les proches du soignant sont fortement diminués.

Ce type de masque est porté par les professionnels de la santé durant une intervention chirurgicale pour protéger le patient, recouvert d’un champ opératoire stérile. De la sorte, le patient est protégé d’une éventuelle infection.

Compresse

Morceau de tissu, de gaze, utilisé pour faire un pansement.

Champ opératoire

L’endroit du corps qui sera opéré.

Stérile

Sur lequel il n’y a aucun germe (bactéries, virus…)

Bien qu’il ne soit pas conçu pour cela, il est aussi souvent porté pour se protéger d’une part contre la pollution atmosphérique et d’autre part contre d’éventuelles infections, comme lors de la pandémie de Covid-19. Cet usage généralisé cause aujourd’hui une pénurie mondiale de ces masques : c’est un problème central de la pandémie de coronavirus.

Masque FFP2

Masque FFP3

Le masque chirurgical n’est pas un appareil respiratoire filtrant et ne peut être certifié comme tel. Les autres masques comparables sont les masques de protection dits FFP. Tu y trouveras les masques médicaux (FFP2 et FFP3) et non médicaux (anti-poussières : FFP1), et les masques barrières en tissu (pour le grand public).

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