Comment sont fabriqués les masques des Gilles de Binche ?

Le Gille est le personnage le plus important du carnaval de Binche, un village localisé dans la Province de Hainaut en Belgique. On le reconnaît facilement à son costume orange, ses grandes plumes blanches qu’il porte le Mardi gras sur la tête, et à son masque. Moustaches et favoris roux, lunettes vertes ! Mais comment sont-ils fabriqués ces masques ?

Crédit photos : Musée International du carnaval et du Masque de Binche

Une tradition artisanale perpétuée par un passionné dans un grenier binchois.

Les masques que portent les Gilles sont reconnaissables entre mille. Selon la tradition rapportée par un ancien manuscrit du 18e siècle, le Gille est toujours sorti masqué au Carnaval.

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les masques étaient fabriqués en Suisse et en Allemagne. C’est plus tard qu’ils ont été fabriqués en France dans la région de Saumure. L’entreprise aurait même employé du plastique pour sa fabrication. Jusqu’à ce qu’un habitant de Binche décide de le fabriquer lui-même dans le respect de la tradition.

Jean-Luc Pourbaix est dessinateur et sculpteur binchois. Très attaché à son Folklore, il décide de fabriquer les masques à Binche, nous sommes dans les années 70. Il lui faudra un an pour trouver la technique.

Coton et cire, voici les matières premières à la base du masque du Gille de Binche.

Après avoir tâtonné, il résout enfin le problème de la fabrication du masque de Gille tout en assurant aux Binchois un parfait respect des caractéristiques du masque.

Pour les fabriquer, il encolle trois carrés de toiles de coton de 40 cm de côté et les place entre deux moules. Deux blancs et un rose pour la couleur de la peau. C’est en les pressant à chaud qu’il lui donne sa forme définitive. Grâce à la colle qui fige la forme et la chaleur qui permet de sécher plus vite.

Une fois sec, il utilise de la peinture sur pochoir pour dessiner les moustaches de type Napoléon III, des favoris et des sourcils épais, de couleurs rousses. C’est à la main qu’il termine les retouches avec un geste précis et élégant. Et il termine avec les fameuses lunettes vertes pour donner au Gille un petit air intellectuel.  

Le masque peint est plongé dans la cire, encore appelée paraffine, pour solidifier le masque et l’imperméabiliser (protéger le masque de l’humidité).  Ensuite il prend un dernier bain dans l’eau pour faire briller la cire et lui donner son vernis exceptionnel.

 

Durant la période de carnaval, les Gilles portent le masque, uniquement en fin de matinée.

C’est un mélange entre tradition, artisanat et amour qui permet encore aux Binchois de bénéficier de ce masque unique et symbolique.

Le masque est aujourd’hui protégé par l’Office européen des brevets, depuis 1985. Cela veut-dire qu’on n’a pas le droit de les recopier dans d’autres ateliers.

Le savais-tu ?

En 5 mois, l’artisan Christophe Pourbaix arrive à produire 400 masques à la main !

Aujourd’hui, le carnaval de Binche est protégé par le patrimoine oral et immatériel de l’Humanité par l’UNESCO depuis 2003.

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Musée International du Carnaval et Masque

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